La preuve électronique : reconnaissance juridique et difficultés probatoires en droit marocain
La preuve électronique : reconnaissance juridique et difficultés probatoires en droit marocain
Electronic Evidence: Legal Recognition and Evidentiary Difficulties in Moroccan Law
Résumé
Le passage au numérique des échanges quotidiens a ébranlé les catégories sur lesquelles reposait, depuis plus d’un siècle, le droit marocain de la preuve. En adoptant la loi n° 53-05 relative à l’échange électronique de données juridiques, puis la loi n° 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques, le législateur a posé le principe d’une équivalence entre le document électronique et le document papier, et mis en place une échelle de signatures électroniques aux effets gradués. Cette consécration, difficilement contestable à la lecture des textes, ne se retrouve pourtant qu’imparfaitement dans les salles d’audience : le support numérique demeure fragile et fugace, l’auteur d’un message et l’intégrité de son contenu restent difficiles à établir, l’expertise technique fait défaut, les données situées à l’étranger échappent largement aux juridictions nationales, et la jurisprudence, encore jeune, avance avec précaution. La présente étude s’attache à comprendre ce fossé entre la lettre de la loi et le vécu judiciaire de la preuve électronique au Maroc, puis à esquisser les moyens de le combler, en s’appuyant notamment sur les enseignements du droit français et du droit de l’Union européenne.
Mots-clés
preuve électronique; écrit électronique; signature électronique; loi n° 53-05; loi n° 43-20; force probante; intégrité; expertise judiciaire; cybercriminalité; droit marocain.
Dr. Asseya Abli
Docteure en droit

Informations de publication
Revue : Revue Internationale de Droit et des Affaires — International Journal of Law and Business
المجلة: مجلة القانون والأعمال الدولية
Rubrique : Études et recherches en langue française — الدراسات والأبحاث باللغة الفرنسية
Type d’article : Article de recherche évalué par les pairs — Peer-reviewed research article
Volume : 11 Numéro : 5 N° de parution : 66
Publication : octobre 2026 Pages : 2041–2057
ISSN : 2509-0291 Langue : français (fr)
DOI du numéro : 10.63585/VLQV1532
Abstract
The shift of everyday exchanges to digital form has unsettled the categories on which Moroccan evidence law had rested for over a century. With Law No. 53-05 on the electronic exchange of legal data, and later Law No. 43-20 on trust services for electronic transactions, the legislature established the principle that an electronic document is equivalent to a paper one and introduced a scale of electronic signatures carrying graduated legal effects. This recognition, hard to dispute on a reading of the texts, is only imperfectly reflected in the courtroom. Digital media remain fragile and short-lived; the author of a message and the integrity of its content are difficult to establish; technical expertise is in short supply; data stored abroad largely escapes the reach of national courts; and case law, still young, proceeds with caution. This article seeks to explain the gap between the letter of the law and the judicial reality of electronic evidence in Morocco, and to outline ways of closing it, drawing in particular on the lessons of French and European Union law.
Keywords
electronic evidence; electronic writing; electronic signature; Law No. 53-05; Law No. 43-20; probative value; integrity; judicial expertise; cybercrime; Moroccan law.
Citer cet article
Asseya Abli (2026). La preuve électronique : reconnaissance juridique et difficultés probatoires en droit marocain. Revue Internationale de Droit et des Affaires, vol. 11, n° 5 (numéro 66), p. 2041–2057.
Asseya Abli (2026). La preuve électronique : reconnaissance juridique et difficultés probatoires en droit marocain. مجلة القانون والأعمال الدولية، المجلد 11، العدد 5 (الإصدار رقم 66)، ص 2041–2057.
DOI
https://doi.org/10.63585/nuev9008
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